09/03/2010

Ecole de pêche

 Les milieux aquatiques d'eau douce
(Robert de Saint-Seine)


Comme chacun le sait, le cycle de l'eau commence par la phase d'évaporation. Elle provient de l'action du soleil sur les mers et les océans, mais aussi sur les lacs et les rivières sans oublier l'effet d'évaporation sur les plantes et la terre elle-même. Compte tenu de l'importance des mers et des océans, il n'est pas surprenant qu'ils soient à l'origine de 90% de la vapeur d'eau produite sur la Terre. L'air ainsi chargée d'humidité donne naissance aux nuages. Le phénomène de condensation est plus ou moins important et contribue à l'apparition de nuages plus ou moins importants qui dans certaines conditions restitueront l'eau sous forme de pluie, de neige ou de grêle.

Cette eau ainsi restituée suit plusieurs parcours. Une partie rejoindra les nappes phréatiques, alors qu'une autre reviendra en mer après un long parcours à travers les ruisseaux, les rivières et les lacs.

A ce niveau, l'Homme pèse lourdement sur ce cycle de l'eau en utilisant cette ressource dont nous savons maintenant qu'elle n'est pas inépuisable. Le plus inquiètent est sans doute l'état de restitution de cette eau utilisée à des fins agricoles ou industrielles, mais aussi pour notre propre consommation. Des rejets de mauvaises qualités ne peuvent que perturber certains équilibres et diminuer ainsi les quantités et qualités du phénomène d'évaporation.

Mais de ce cheminement de l'eau, reprenons en ici l'essentiel en regardant de plus prés les milieux collecteurs qui redonneront certains équilibres tout à fait naturellement ou qui subiront l'agression de rejets de mauvaise qualité.

Les eaux stagnantes

Dans cette catégorie, on trouvera aussi bien les mares, les étangs et les lacs. Ces eaux sont d'une grande variété en fonction de l'altitude et de l'environnement immédiat.

Les mares sont de tailles réduites. Bien souvent susceptibles de n'être alimentées que par les eaux de ruissellement, la faune et la flore seront des éléments déterminant pour un bon équilibre. D'une manière générale, on n'y trouve essentiellement que des espèces eurythermes qui donc supportent des eaux relativement chaudes du fait du manque de renouvellement, et donc peu riches en oxygène.

Les étangs de par leurs tailles et leurs profondeurs variables, offrent d'avantage de richesses. La faune et la flore peuvent s'y développer dans un parfait équilibre dans lequel les alimentations en eaux joueront un rôle non négligeable.

On y trouve aussi bien des espèces benthiques (qui se nourrissent sur le fond) que des espèces de surface ainsi que des carnassiers.

Du côté de la flore, la répartition des espèces se fait avant tout selon la profondeur. Au bord on trouvera des plantes hélophytes qui n'ont que la racine dans l'eau. C'est dans cette zone très peu profonde qu'on rencontre les roselières trés souvent peuplées de roseaux (phragmites), de carex alors qu'un peu plus loin, dans 40cm d'eau, sont présentes les scirpes et les massettes. Au milieu de l'étang, on trouve alors des plantes dites aquatiques telles que l'élodée et les myriophylles.

Les lacs ont comme caractéristiques d'avoir très souvent des surfaces bien supérieures à celles des étangs, des profondeurs plus importantes et une masse liquide dont l'aspect thermique est plus instable du fait des vents.

 

On rencontre deux types de Lac, les lacs naturels et les lacs artificiels.

Un lac naturel a des eaux pures, oxygénées et faiblement minéralisée. Il est dit oligotrophe. Les eaux de ces lacs abritent quelques espèces végétales et animales, avec notamment du plancton. Ces eaux sont appréciées des salmonidés.

Les lacs dont la faune est variée et abondante et dont l'activité bactérienne est importante est dit mésotrophe. Ce terme indique que ses fonds sont pauvres.

Les lacs eutrophes sont des lacs dans lesquels l'oxygène se raréfie et dont les mécaniques de minéralisation s'amoindrissent. Bien souvent ils se comblent par accumulation de sédiments et voient leurs profondeurs et leurs superficies diminuer.

Les eaux courantes

De la source d'un ruisseau à la mer ou l'océan, l'eau court. Les paysages changent et les cours d'eau changent d'aspects. Tantôt rapides, tantôt calmes, dans un lit étroit ou dans une large ouverture, les pêcheurs trouvent ici et là leur bonheur.

Les torrents naissent de la fonte des glaciers ou de bassins naturels qui récupèrent les eaux de ruissellement (pluie, fonte des neiges). Les espèces sténothermes apprécient leurs eaux froides (Truite Fario, Chabot), mais aussi l'oxygénation de l'eau favorisée par les turpitudes de l'eau. Sur les roches, la vie végétale se développe sous forme de mousses et de lichens, tandis que les fonds abriquent de petits invertébrés tels que les gammares.

Les rivières reçoivent tout au long de leurs parcours, les eaux des torrents, des rus et des ruisseaux. La largeur et la profondeur d'une rivière sont relativement modestes. Plus son lit s'élargira, plus son cours sera paisible et ses courants faibles. Tout au long de son cheminement, les milieux traversés jouent leurs rôles avec de nombreuses influences sur sa richesse en poissons.

Ainsi, en amont (Cours supérieur), lorsque le courant est encore rapide, l'eau est bien oxygénée, les fonds brassés sont recouverts de cailloux, de graviers et de sable et la végétation reste encore modeste. Ce secteur est qualifié de zone à Ombres et la population piscicole accueille Saumons, Vandoises, chevesnes et Nases.

Plus bas dans la vallée, le courant devient modéré et la végétation plus importante. Dans cette portion dite "à Barbeaux", le pêcheur peut espérer y trouver Ides, Saumons, Vandoises, Aspes, Gardons et Brochets.

Enfin en approchant de l'estuaire (Cours inférieur), et alors que la rivière est devenue fleuve, le courant est lent. L'eau est moins bien oxygénée et la végétation bien plus importante, tant sur les bords que dans l'eau. Dans cette zone dite "à Brème", vous trouverez sans mal, Anguilles, esturgeons, Tanches, Brèmes et Brochets.

Les eaux courantes sont un milieu fragile. Que ce soit par la pollution ou les changements climatiques, l'équilibre entre la faune et la flore (Biocénose) est souvent menacé par l'activité humaine.

 

 

LA CARPE

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Carpe (Cyprinus carpio)
Famille des cyprinidés
Longueur: 25 à 80 cm, exceptionnellement 120
Poids: jusqu'à 16 kg, exceptionnellement 19.4

La carpe, indigène et commercialement importante dans l'est de l'Europe et en Asie, a été introduite par les Romains dans les lacs, les étangs et les fleuves lents presque partout en Europe occidentale. Dans un usage ornemental, elle s'est prêtée à plusieurs variations: "carpe-cuir", "carpe-miroir", "dorée", etc...

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La carpe possède une nageoire dorsale longue, concave - chez son parent le carassin, plus petit, celle-ci est convexe. La carpe porte deux barbillons longs et deux courts à la lèvre supérieure, le carassin en est dépourvus.


Se déplaçant souvent en groupe, les carpes se nourrissent de végétaux et d'invertébrés qu'elles traquent dans la vase grâce à leur bouche protractile, un aspirateur très efficace.


photopecheElles mènent en juin ou juillet un frai animé, parfois bruyant, dans la végétation dense d'eaux peu profondes. La femelle produit 100'000 ovules par kilo de poids corporel. Fécondés, ces œufs connaissent une incubation rapide de 3 à 8 jours. Mûre sexuellement entre 3 et 5 ans, la carpe vit en moyenne 10 à 12 ans, mais on a le souvenir d'individus quadragénaires!

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10:05 Écrit par Carpodrome Mouscron dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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